Voici le tout dernier livre que j'ai acheté.
American Psycho
Aux éditions Robert Laffont, collection Pavillons, 2 mars 2000
Publication originale : Vintage, 1991
449 pages
Ce roman a provoqué à sa sortie un véritable scandale, en raison de l'extrême violence et de la pornographie présentes dans plusieurs passages. Il a été refusé par l'éditeur Simon & Schuster, qui avait pourtant donné une avance de 300 000 dollars à l'auteur. En effet, après lecture, l'éditeur a préferé abandonner son argent et le manuscrit. Publié par Knopf, une autre maison d'édition, le livre se vendit à plusieurs milliers d'exemplaires aux États-Unis, puis dans le monde. L'auteur dut prendre un garde du corps suite à de multiples menaces de mort, mais a publié son livre dans le reste du monde où le scandale fut extrêmement moindre. American Psycho est aujourd'hui un best-seller mondial.
A noter que dans son roman Lunar Park, Ellis affirme que le personnage de Bateman avait été inspiré par son père. Il est toutefois impossible a priori de déterminer si cela est vrai ou si cela fait partie des éléments fictifs de cette auto-fiction fantastique.
"Patrick Bateman est, hélas, un des personnages de roman les plus intéressants qu'on ait crée au cours des dix dernières années." Michel Braudeau, Le Monde.
"Le premier roman depuis des années à faire résonner des thèmes aussi profonds, dostoïevskiens... [Bret Easton Ellis] nous oblige à regarder en face l'intolérable, ce que peu de romanciers ont le courage de faire." Norman Mailer.
"On entend rarement dire, dans la fureur des commentaires, que ce roman est une satire, une satire hilarante, écoeurante, pince-sans-rire, consternante... Ellis est avant tout un moraliste. Dans ces romans, chaque mot prononcé d'une voix laconique naît d'une indignation intense, douloureuse, éprouvée au regard de notre condition spirituelle... " The Los Angeles Times.
PrésentationAmerican Psycho nous conte l'histoire de Patrick Bateman, 27 ans, un flamboyant golden boy de Wall Street, avant le krach d'octobre 1987. Patrick est beau, riche et intelligent, comme tous ses amis. Il fréquente les restaurants les plus chics, où il est impossible d'obtenir une réservation si l'on est pas quelqu'un, va dans les boîtes branchées et sniffe de temps en temps une ligne de coke, comme tout bon yuppie.
Mais Patrick a une petite particularité : c'est un psychopathe. À l'abri dans son appartement hors de prix, au milieu de ses gadgets dernier cri et de ses meubles en matériaux précieux, il tue, décapite, égorge, viole. Sa haine des pauvres, des homosexuels et des femmes est illimitée, et son humour froid est la seule trace d'humanité que l'on puisse lui trouver.
Le roman décrit peu à peu, de manière très progressive, la véritable nature et les actes de Patrick Bateman, sans pour autant expliquer à aucun moment les éventuels évènements qui ont pu l'amener à devenir ce qu'il est. On sent la folie du personnage augmenter de manière exponentionnelle au fil des pages : le récit raconté à la première personne accumule de plus en plus d'hallucinations, d'incohérences, de passages de délire pur, et l'on peut sérieusement se demander, à la fin du livre, si Patrick Bateman ne vit pas uniquement ses meurtres dans sa tête - l'extrême violence fantasmée comme réponse à l'extrême violence économique et sociale de l'Amérique reaganienne.
Morceau choisiIl s'interrompt, reprend ses esprits et déclare, le regard fixé sur un clochard, au coin de la Deuxième et de la Cinquième : C'est le vingt-quatrième que je vois aujourd' hui. Je les ai comptés. Puis, sans détourner le regard : Pourquoi portes-tu ton blazer en laine bleu marine avec un pantalon gris ? Price, lui, porte un costume laine et soie Ermenegildo Zegna à six boutons, une chemise de coton Ike Behar à poignet mousquetaire, une[... ]